Le Centre de recherche et d’action pour la paix (CERAP) d’Abidjan-Cocody a accueilli, samedi 30 mai 2026, une table ronde de réflexion et d’orientation stratégique organisée par l’Initiative du Sahel pour la paix (SPI). Cette rencontre visait à renforcer les capacités d’action et d’orientation stratégique de l’organisation en Côte d’Ivoire, à travers une appropriation collective de l’Appel de Bamako, tout en définissant des engagements concrets en faveur de la paix et de la cohésion sociale au Sahel et en Afrique de l’Ouest.
Une réflexion autour des défis régionaux
À l’instar de plusieurs pays de l’espace ouest-africain, la Côte d’Ivoire demeure confrontée à des défis croissants liés à la paix, à la cohésion sociale et à la gouvernance démocratique. En tant qu’organisation engagée dans la promotion de la culture de la paix, la formation citoyenne et le plaidoyer, l’Initiative du Sahel pour la paix poursuit ses actions après la signature récente de l’Appel de Bamako en faveur de la stabilité dans la sous-région.
Dans cette dynamique, la représentation ivoirienne du SPI a organisé cette table ronde afin de partager et d’approfondir « une compréhension commune de l’Appel de Bamako, de ses fondements, de ses axes stratégiques et de ses implications pour SPI Côte d’Ivoire ».
« Cette rencontre est pour nous une occasion de revisiter et clarifier la mission, la vision et les orientations stratégiques de notre organisation dans le pays, et ce à la lumière des défis régionaux actuels en matière de paix, de cohésion sociale et de résilience communautaire », a déclaré le coordonnateur pays de la SPI, Vincent Saré.
Les leaders religieux appellent à une action concertée pour la paix
Interview au sortir de la table ronde. Le Père Norbert-Éric Abékan au milieu, l’Imam Mamadou Dosso à droite, le Coordonnateur exécutif régional du SPI à gauche et le coordonnateur national du SPI-CI derrière
Représentant la Conférence épiscopale, le père Norbert-Éric Abékan, secrétaire exécutif national de la Commission Justice, Paix et Environnement, a salué la tenue de cette rencontre en Côte d’Ivoire. « Nous nous réjouissons de cette initiative. Elle permettra à l’Appel de Bamako de ne pas rester une lettre morte dans nos tiroirs et que nous essayions de voir ce que nous pouvons concrètement faire, chrétiens, musulmans, chefs religieux et politiciens, pour l’adapter à notre contexte », a-t-il affirmé.
Face aux défis du terrorisme et de l’extrémisme religieux, l’ecclésiastique a appelé à une mobilisation concertée pour éveiller les consciences et promouvoir une culture durable de la paix. « La guerre est en train d’avancer, la violence est en train d’avancer et cela ne s’arrête pas seulement au Sahel. Il nous faut dire stop pour la faire reculer et faire avancer la paix, à travers notre façon d’agir, nos gestes et nos paroles. C’est une question de volonté et nous le pouvons », a-t-il insisté.
Une ‘’ivoirisation’’ de l’appel de Bamako souhaitée
L’imam Mamadou Dosso représentait pour sa part le Conseil supérieur des imams, des mosquées et des affaires islamiques de Côte d’Ivoire (COSIM). Revenant sur les nombreuses crises traversées par le pays, le guide religieux musulman a plaidé pour une appropriation nationale de l’Appel de Bamako.
« Elle consiste d’abord à nous mettre ensemble, chrétiens et musulmans, parce que tout simplement notre foi est transversale à toutes les couches sociales qui ont été appelées et invitées par l’Appel de Bamako », a-t-il expliqué. Poursuivant son intervention, l’imam Dosso a précisé que cette “ivoirisation” de l’Appel devrait également consister à « implémenter ce que nous avons déjà expérimenté en Côte d’Ivoire et qui nous a très bien réussi ».
Des engagements communautaires pour la paix
Ponctuée de sessions thématiques, de panels et d’échanges interactifs, cette rencontre a réuni une centaine de participants issus de divers horizons sociopolitiques et professionnels. Les discussions, nourries par la restitution de l’Appel de Bamako, ont permis d’identifier des pistes d’actions locales en faveur de la paix, de susciter des engagements communautaires et de jeter les bases d’un réseau d’acteurs engagés pour la cohésion sociale.
Il convient de rappeler que l’Appel de Bamako, un Appel des leaders religieux et traditionnels du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali et du Niger pour la paix et la cohésion sociale au Sahel et en Afrique de l’Ouest a été lancé le 27 mars 2026 à Bamako, au Mali, au sortir du Forum Régional en faveur de la paix et de la cohésion sociale, organisé par le SPI.

