𝐿’𝐼𝑛𝑖𝑡𝑖𝑎𝑡𝑖𝑣𝑒 𝑑𝑢 𝑆𝑎ℎ𝑒𝑙 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑎 𝑝𝑎𝑖𝑥 – 𝐶𝑜̂𝑡𝑒 𝑑’𝐼𝑣𝑜𝑖𝑟𝑒 (𝑆𝑃𝐼-𝐶𝐼), 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑙’𝑎𝑝𝑝𝑢𝑖 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝐶𝑜𝑚𝑚𝑖𝑠𝑠𝑖𝑜𝑛 𝑒́𝑝𝑖𝑠𝑐𝑜𝑝𝑎𝑙𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑎 𝑝𝑎𝑠𝑡𝑜𝑟𝑎𝑙𝑒 𝑠𝑜𝑐𝑖𝑎𝑙𝑒 𝑒𝑡 𝑑𝑢 𝑆𝑒𝑟𝑣𝑖𝑐𝑒 𝑑𝑢 𝑑𝑒́𝑣𝑒𝑙𝑜𝑝𝑝𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 ℎ𝑢𝑚𝑎𝑖𝑛 𝑖𝑛𝑡𝑒́𝑔𝑟𝑎𝑙, 𝑎 𝑜𝑟𝑔𝑎𝑛𝑖𝑠𝑒́, 𝑙𝑒 𝑣𝑒𝑛𝑑𝑟𝑒𝑑𝑖 31 𝑗𝑢𝑖𝑙𝑙𝑒𝑡 2026, 𝑎𝑢 𝑠𝑖𝑒̀𝑔𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝐶𝑜𝑛𝑓𝑒́𝑟𝑒𝑛𝑐𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑒́𝑣𝑒̂𝑞𝑢𝑒𝑠 𝑐𝑎𝑡ℎ𝑜𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝐶𝑜̂𝑡𝑒 𝑑’𝐼𝑣𝑜𝑖𝑟𝑒 (𝐶𝐸𝐶𝐶𝐼), 𝑎̀ 𝐴𝑏𝑖𝑑𝑗𝑎𝑛-𝐶𝑜𝑐𝑜𝑑𝑦, 𝑢𝑛𝑒 𝑟𝑒𝑛𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑙𝑎𝑖𝑑𝑜𝑦𝑒𝑟 𝑒𝑛 𝑓𝑎𝑣𝑒𝑢𝑟 𝑑’𝑢𝑛𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑑𝑢𝑖𝑡𝑒 𝑝𝑙𝑢𝑠 ℎ𝑢𝑚𝑎𝑖𝑛𝑒, 𝑐𝑜𝑛𝑐𝑒𝑟𝑡𝑒́𝑒 𝑒𝑡 𝑟𝑒𝑠𝑝𝑒𝑐𝑡𝑢𝑒𝑢𝑠𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑑𝑟𝑜𝑖𝑡𝑠 𝑓𝑜𝑛𝑑𝑎𝑚𝑒𝑛𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑒𝑠 𝑜𝑝𝑒́𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑑𝑒 𝑑𝑒́𝑔𝑢𝑒𝑟𝑝𝑖𝑠𝑠𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par les vastes opérations de démolition engagées depuis plus de deux mois dans plusieurs communes d’Abidjan et localités périphériques. Ces interventions ont entraîné la destruction de centaines d’habitations, plongeant de nombreuses familles dans une extrême précarité, l’itinérance forcée et une forte vulnérabilité sanitaire et sociale.
𝐋𝐚 𝐬𝐨𝐥𝐢𝐝𝐚𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐥’𝐄́𝐠𝐥𝐢𝐬𝐞 𝐞𝐧𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐚𝐦𝐢𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞́𝐞𝐬
Face à cette situation, l’Église catholique en Côte d’Ivoire, à travers le SPI-CI, avec le soutien institutionnel de la Commission épiscopale pour la pastorale sociale et du Service du développement humain intégral, s’est mobilisée aux côtés des populations affectées. Par l’entremise de la Caritas, elle apporte une assistance visant à restaurer la dignité des personnes sinistrées.
Pour le père Dominique Traoré, Secrétaire exécutif national de Caritas Côte d’Ivoire, si l’Église reconnaît la nécessité des politiques d’aménagement urbain et des efforts de modernisation entrepris par les pouvoirs publics, elle rappelle néanmoins que » tout développement authentique doit toujours placer la personne humaine au cœur de l’action publique « .
Selon lui, ce plaidoyer constitue un appel à ne pas perdre de vue les conséquences humaines des opérations de déguerpissement. » Derrière chaque maison détruite, il y a des familles, des enfants, des personnes âgées, des hommes et des femmes dont la dignité mérite d’être protégée » , a-t-il déclaré. C’est pourquoi pour lui, cette rencontre se veut avant tout un espace de solidarité, de dialogue et d’espérance. Elle vise également à porter un plaidoyer en faveur d’une gestion des opérations de déguerpissement plus humaine, plus concertée et plus respectueuse des droits de chacun.
𝐋𝐚 𝐛𝐚̂𝐭𝐨𝐧𝐧𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐝𝐞́𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐫𝐫𝐞́𝐠𝐮𝐥𝐚𝐫𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞 𝐝𝐨𝐬𝐬𝐢𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐊𝐨𝐮𝐦𝐚𝐬𝐬𝐢-𝐂𝐚𝐦𝐩𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭
Invitée à cette rencontre, la bâtonnière de l’Ordre des avocats de Côte d’Ivoire, Maître Florence Loan-Messan, a apporté un éclairage juridique sur la situation de Koumassi-Campement. Selon elle, les investigations menées révèlent que le site concerné faisait l’objet d’un lotissement régulièrement approuvé par l’État de Côte d’Ivoire et que 462 occupants détenaient des titres de propriété.
» Nous ne sommes pas en présence d’un déguerpissement portant sur le domaine public de l’État, mais sur le domaine privé de particuliers. Ces personnes ont été expulsées sur la base d’une décision de justice qui n’autorisait pas un tel déguerpissement « , a-t-elle expliqué.
La bâtonnière a également précisé que l’auteur de l’action en justice ne détenait pas de titre de propriété, mais uniquement une autorisation de remblaiement, laquelle ne lui conférait aucun droit de propriété.
Elle a indiqué que la décision judiciaire concernait initialement treize (13) personnes, que l’action avait été déclarée recevable à l’égard de sept (7) d’entre elles et qu’elle ordonnait le déguerpissement de seulement six (6) personnes.
» Pourtant, cette décision a conduit à la destruction de l’ensemble du quartier, alors même que les autres occupants n’étaient pas visés par le jugement et disposaient de titres de propriété réguliers « , a-t-elle regretté.
𝐃𝐞𝐬 𝐚𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐣𝐮𝐝𝐢𝐜𝐢𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐚𝐧𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞́𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐟𝐚𝐯𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐯𝐢𝐜𝐭𝐢𝐦𝐞𝐬
Maître Florence Loan-Messan a annoncé que le Barreau d’Abidjan mettra en œuvre, dès le mois d’octobre, une assistance juridique au profit des victimes.
L’objectif sera d’engager les procédures nécessaires afin que les propriétaires légalement établis puissent recouvrer leurs droits fonciers et obtenir réparation pour les préjudices subis.
𝐔𝐧 𝐩𝐥𝐚𝐢𝐝𝐨𝐲𝐞𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐚𝐩𝐩𝐫𝐨𝐜𝐡𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐞𝐫𝐭𝐞́𝐞
La cérémonie s’est achevée par la lecture officielle du plaidoyer adressé aux autorités politiques et administratives. Le document a été présenté par Vincent Saré, coordonnateur de la Sous-commission épiscopale Justice, Paix et Environnement et coordonnateur national de l’Initiative du Sahel pour la paix – Côte d’Ivoire (SPI-CI).
Le texte invite les pouvoirs publics à privilégier une approche davantage fondée sur le dialogue, la concertation et le respect de la dignité humaine dans la conduite des opérations de déguerpissement.
» Les besoins exprimés vont bien au-delà de l’aide alimentaire ou vestimentaire. Ils portent également sur le droit à un logement digne, à la sécurité, à la stabilité familiale, à la reprise des activités économiques et à la restauration de l’espérance « , souligne le plaidoyer.
𝐋𝐚 𝐫𝐞́𝐚𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐠𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭
Quelques heures après les événements survenus à Koumassi-Campement le 3 juin, le gouvernement ivoirien a indiqué n’avoir ni ordonné la démolition du quartier ni annoncé la construction de nouveaux logements sur ce site.
Selon les autorités, cette opération relevait d’une initiative privée liée à un litige foncier et ne constituait pas une action officielle de l’État. Près de 34 hectares d’habitations et de commerces ont toutefois été détruits sur la base de documents présentés comme frauduleux.
Le parquet d’Abidjan a ouvert une enquête pour démolition illégale. Pendant ce temps, les populations affectées continuent de vivre dans des conditions précaires, dans l’attente d’une réparation de leurs préjudices ou d’une solution durable de relogement.
#SPI-CI

