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Dr Abbé Hermann OUEDRAOGO, prononçant son discours à la soirée de récompense du PJPCS 5e édition

(Préséances)

C’est avec une profonde joie et une réelle émotion que je prends la parole à l’occasion de cette cinquième édition du Prix du Journalisme pour la Paix et la Cohésion Sociale.

Une joie double, je dois le dire. Car ce soir, nous ne célébrons pas seulement une édition de plus. Nous célébrons un accomplissement.

Il y a un an, depuis cette même tribune, j’avais formulé un vœu : que ce prix franchisse les frontières du Burkina Faso pour embrasser la dimension véritablement sous-régionale de notre mission commune. Ce soir, ce vœu est exaucé. Pour la première fois, un Prix Spécial Régional Transfrontalier est décerné par le Bureau de Coordination Régionale du SPI, récompensant des œuvres journalistiques qui traitent des enjeux de paix et de cohésion sociale entre nos cinq pays membres. Je veux que nous mesurions ensemble ce que cela signifie : la vision du SPI ne reste pas dans les discours. Elle avance. Elle se concrétise.

Le thème retenu cette année, « Renforcement de la paix et de la cohésion sociale à travers la promotion de la résilience, du dialogue communautaire et la lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation », nous rappelle l’immense responsabilité qui incombe aujourd’hui aux femmes et aux hommes de médias dans nos sociétés. Dans le contexte actuel, le journalisme ne se limite pas à informer. Il contribue à façonner les consciences, à promouvoir le dialogue, à restaurer la confiance et à ouvrir des chemins d’espérance. En cela, les journalistes sont de véritables artisans de paix.

Cette conviction est au cœur même de l’engagement de l’Initiative du Sahel pour la Paix (SPI). Née de l’élan de solidarité des Églises du Burkina Faso, du Mali et du Niger, puis enrichie par l’engagement fraternel des Églises de Côte d’Ivoire et du Ghana, elle témoigne qu’aucun peuple ne construit la paix seul. La paix est une œuvre collective, une responsabilité partagée et un chemin parcouru ensemble.

Le passage de l’Initiative Paix au Sahel à l’Initiative du Sahel pour la Paix traduit précisément cette vision : passer d’une action pour le Sahel à une démarche avec le Sahel ; d’une assistance à une communion ; d’une réponse à l’urgence à une dynamique durable de fraternité et de solidarité.

C’est dans ce même esprit que s’inscrit le Prix Régional Transfrontalier. Les crises qui secouent notre sous-région ne s’arrêtent pas aux frontières. Les discours de haine et la désinformation les franchissent en quelques secondes. Il nous appartient de faire voyager, tout aussi vite et avec encore plus de force, les récits du vivre-ensemble, les visages de la résilience, les initiatives de paix qui naissent à la croisée de nos frontières. C’est précisément ce que ce prix veut encourager et honorer.

Je voudrais saluer chaleureusement les neuf candidats qui ont répondu présents à cette première édition régionale, venus du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali et du Niger. Vous avez saisi l’esprit de ce prix avant même qu’il soit pleinement connu. Par votre participation, vous avez posé la première pierre d’une dynamique appelée à grandir. Soyez-en sincèrement remerciés et honorés.

Je salue également les membres du jury sous-régional, représentant chacun l’un de nos cinq pays membres. Ils ont exercé leur mission avec rigueur, indépendance et un sens aigu des réalités du terrain. Leur travail a donné à ce prix sa crédibilité et son âme. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés.

En ma qualité d’ancien Secrétaire Général de la Commission Justice et Paix, et de Secrétaire Général Régional du SPI en exercice, je mesure le chemin parcouru et je rends hommage à tous ceux qui, depuis plusieurs années, œuvrent avec persévérance pour faire de la paix non seulement un idéal, mais une réalité concrète dans nos communautés. Je félicite chaleureusement les lauréats de cette édition ainsi que l’ensemble des participants et organisateurs de la présente cérémonie. Par votre travail, vous contribuez à faire entendre des voix de résilience, à valoriser les initiatives de dialogue et à rappeler que la dignité humaine demeure au centre de toute action de paix.

À l’endroit de l’ensemble des professionnels des médias de notre sous-région, je voudrais lancer un appel direct : investissez ce Prix Régional Transfrontalier. Faites-en votre tribune. Les communautés qui négocient la paix au-delà des frontières, les femmes qui recousent le tissu social de part et d’autre des lignes qui séparent nos pays, les initiatives qui construisent des ponts là où d’autres creusent des fossés, ces histoires existent. Elles méritent d’être racontées. Et elles méritent d’être primées.

Puisse ce prix encourager davantage de journalistes à choisir la vérité, qui doit toujours être dite dans la responsabilité et la charité, avec la paix et la fraternité entre les peuples comme boussole de leur engagement professionnel.

Ce soir n’est pas une fin. C’est un commencement.

Que Dieu vous bénisse et que sa paix soit toujours avec vous ! Je vous remercie.